A la Saint Martin, partage ton pain!

Plusieurs soirs de suite, les abords de l’école ont été illuminés par les jolis reflets de petites lanternes portées fièrement par un cortège d’enfants. Des chants étaient repris en choeur, en français, mais aussi en allemand et en anglais – les langues apprises à l’école :

« Je marche avec ma lanterne, ich geh mit meiner Laterne, ma lanterne marche avec moi. Au ciel brillent les étoiles, ma lanterne éclaire ici bas… In heaven the stars are shining, on earth shines my lantern with me… »

Ensuite, à l’image de Saint Martin, un officier romain qui jadis partagea son manteau avec un pauvre hère transi de froid, nos élèves ont partagé le pain et une bonne soupe de légumes à la lumière d’un feu de bois.

Les élèves des grandes classes ont fait revivre cette scène du partage du manteau à leurs condisciples lors d’un spectacle très réussi, qu’ils avaient préparé depuis quelques semaines. Au Jardin d’Enfants, ce sont des marionnettes sur table qui leur ont raconté cette histoire, qu’une poétique table des saisons illustrait elle aussi :

Chaque année, les enfants sont heureux à l’idée de se retrouver le soir après l’école, autour de cette fête régionale, riche en symboles  et valeurs fondatrices. Ils ressentent combien le partage, l’entraide et les bons moments passés ensemble peuvent éclairer la nuit hivernale dans laquelle nous nous enfonçons.

Des liens se sont créés entre les plus jeunes et les plus grands, venus les aider à préparer leurs lanternes :

Pour les enfants de cinquième, qui étudient l’Inde ancienne, cela a été l’occasion de faire le lien entre la Saint Martin et Diwali, le festival des lumières, qui se célèbre à la même époque. Ils ont donc décoré leurs photophores de lotus, fleur magnifique et d’une grande pureté sortant d’une eau marécageuse et donc associée au merveilleux de la création. Elle est l’attribut du dieu Vishnu, particulièrement à l’honneur lors de Diwali, à travers son avatar Rama :

 

  

Leurs lanternes ont illuminé la nuit, telles les diyas allumées par les hindous pour célébrer le retour d’exil de Rama et de sa bien aimée Sita.

Quelle fierté pour les enfants de pouvoir faire admirer leurs créations à leurs parents qui les accompagnaient lors de ces marches, et de partager ces moments forts avec eux!

Comme l’explique cet article de la Fédération Steiner , déjà cité dans ces pages, « la pédagogie Steiner-Waldorf accorde une large place au patrimoine spirituel de l’humanité (contes, fables, faits religieux, mythologies fondatrices des grandes civilisations et des grandes religions) pour nourrir l’imagination et la vie intérieure, mais également pour s’ouvrir à une grande diversité de conceptions du monde. Cela deviendra alors plus tard nourriture de l’esprit critique de l’enfant, cruciale pour la construction qu’il entreprend de lui-même et l’édification de sa personnalité. »